Saint-Benoit

Saint-Benoit

Saint-Benoît fut un haut lieu du mouvement insurrectionnel de 1837. La première église de Saint-Benoît dite la magnifique a été construite entre 1822 et 1826. Après avoir été profanée et pillée, elle a été incendiée comme tout le village et beaucoup de propriétés dans les rangs. Ce massacre a été opéré par les soldats du général anglais John Coloborne et par les loyalistes d’Argenteuil, le 15 et 16 décembre 1837.

L’église actuelle a été élevée sur les fondations de la précédente en 1853, seize ans après qu’elle eut été incendiée. L’intérieur ne fut complété qu’en 1870. En 1907, les bancs actuels, le chauffage, le jubé, etc. ont été ajoutés ainsi que le clocher qui a été refait. Les trois cloches actuelles ont été installées en 1909. *

Adresse

9155, rue Dumouchel,
St-Benoît (Mirabel), Qc,
J0N 1K0

Saint-Benoît, un très vaste territoire

En 1999, la population de Saint-Benoît soulignait le deux centième anniversaire de la fondation de la paroisse. C’est dire que l’histoire de ce village débuta en 1799 alors qu’il fut détaché par Messieurs les Sulpiciens de leur Seigneurie du Lac des Deux-Montagnes. Après la mission indienne d’Oka (1717) et Saint-Eustache, Saint-Benoît est l’une des plus anciennes paroisses des Deux-Montagnes et des Laurentides et possédait dès lors un très vaste territoire.

C’est au début de cette année de 1799 qu’arrive le premier curé, Jean-Louis Sauvage de Chatillonnet (sulpicien originaire de Belly, France); il demeura à la tête de la paroisse un an seulement. Il occupa le nouveau presbytère-chapelle.

Le second curé fut Théodore Létang; il fut en charge de la paroisse d’octobre 1800 à novembre 1802. Lui succéda l’abbé Maurice-Joseph Félix qui arriva à Saint-Benoît avec sa mère et ses trois sœurs. Il est vraiment le second fondateur pour avoir contribué à la construction de la première église et avoir également consacré tous ses efforts pour établir le tissu social de sa nouvelle paroisse. Monsieur Félix séjourna à Saint-Benoît pendant 29 ans (1802-1831); ce record n’a jamais été égalé par la suite. Plus près de nous mentionnons que le chanoine Ernest Vaillancourt (fils de Saint-Joseph-du-Lac) fut chargé de la cure de Saint-Benoît pendant 22 ans (1944 à 1966). On ne retrouve plus de telles longévités de nos jours.

Il faut remonter à 1796 pour situer la date de l’achat d’un terrain en vue de construire l’église et le presbytère (précisément une chapelle-presbytère) et les infrastructures d’un cimetière. L’évêque accepte le choix l’année suivante. En 1822, les archives mentionnent le fait que débute la construction d’une église véritable. Toutefois il est bien connu que les évènements de 1837 laissèrent Saint-Benoît sans église et sans presbytère. Après de très nombreuses démarches, c’est en 1853 que l’église actuelle sera construite sur le même emplacement. Il y eut aussi beaucoup de démêlés quant au nouveau presbytère. Somme toute, ce village a réussi en l’espace de 25 ans à se relever de ses cendres. Au sujet des troubles de 1837, le lecteur voudra bien se référer aux très nombreux écrits à ce propos. Nous savons toutefois qu’il s’agit d’un moment charnière dans l’histoire de Saint-Benoît qui fut au cœur de la mouvance patriotique.

Le premier acte de l’état civil remonte au 9 novembre de l’année de la fondation. Toutefois, un peu plutôt, soit en 1780, s’amorce le peuplement par une première terre concédée au point de rencontre de la Côte Saint-Étienne et de la Côte Rouge. Tout était alors en bois debout. C’est ce lieu qui fut choisi comme site du futur village. Saint-Benoît se rétrécit avec les années car la paroisse a connu plusieurs amputations : rappelons, entre autres, la création de Saint-Placide en 1850 et celle de la paroisse de Saint-Joseph-du-Lac en 1855. Ces détachements ont favorisé l’émergence de nouveaux points de peuplement.

Le recensement de 1831 fait état du fait que Saint-Benoît était très majoritairement occupé par des francophones venus s’établir sur les terres. Ces habitants étaient originaires des villages voisins pour la plupart. Cette situation traduit un manque de terres dans les alentours. Ajoutons cependant qu’il y avait un noyau anglophone composé surtout d’Écossais : les McColl, les McMartin et les James. Il s’agissait de cultivateurs principalement. L’agriculture, faut-il le mentionner, faisait vivre presque toute la population qui était jeune. Tant la population francophone que celle anglophone occupaient les rangs au détriment du village qui deviendra le siège de l’église, du presbytère et ses dépendances, des commerces, de certains bureaux comme celui du médecin, du notaire.

À l’aide des répertoires des mariages de la paroisse, voici les noms des 20 familles-souches : Proulx dit Clément, Legault dit Deslauriers, Raymond dit Labrosse, Richer dit Louveteau, Charbonneau, Brunet, Franche dit Laframboise, Brazeau, Carrière dit James, Renaud dit Bertrand, Poirier dit Déloges, Aubin dit Sain-Louis, Lefebvre dit Laciserais, Pilon, Ménard, Charlebois, Fauteux dit Bonsecours, Guindon.

Le premier chantre fut Pierre Vien engagé en 1862; le chemin de croix fut érigé en 1866 et le premier orgue fut installé dans l’église en 1897. D’autre part, les premiers maires de la paroisse se nommaient Olivier Aubin suivi de Léandre Dumouchel et de Damien Masson. Celui du village portait le nom de Louis-Joseph Fauteux. C’est en 1920 que Saint-Benoît est desservi par l’électricité au village et 10 ans plus tard en ce qui concerne les rangs. Il faut attendre 1836 pour que prenne place le bureau de poste tenu par le docteur Luc-Hyacinthe Masson pendant 7 ans; le curé Pierre Ménard lui succédera de 1843 à 1851 comme maître de poste. Par ailleurs les Dumouchel et les Masson ont constitué le noyau des notables de la place.

Il n’est pas possible de parler de l’histoire de Saint-Benoît sans mentionner que ce village eut le privilège d’accueillir un total de 350 Sœurs Grises entre 1854 et 1984, soit une présence de 130 ans. Ces religieuses s’installent à Saint-Benoît à la demande du notaire Jean-Joseph Girouard, chef très actif des patriotes. Ces religieuses se sont consacrées principalement au service des enfants abandonnés, des pauvres, des malades et de l’éduction. Il faut rappeler qu’une soixantaine de jeunes filles de Saint-Benoît ont pris l’habit de la même communauté au cours des années.

Les archives de la paroisse rapportent également d’il y avait déjà une maison-école dans la paroisse en 1829. Le seul professeur se nommait John Gallagher. Une vingtaine d’enfants fréquentaient l’école. On note par ailleurs qu’en 1858, les Sœurs Grises reçoivent 92 étudiants. Les écoles de rangs arrivent plus tard.

Pour terminer, mentionnons qu’une coutume veut qu’à Saint-Benoît comme dans les autres paroisses, le curé produise un rapport annuel à son évêque. C’est ainsi qu’en 1882, on y lit, entre autres notes, celles-ci à la saveur d’époque.

  • il n’y a personne qui se soit séparée sans le consentement épiscopal;
  • il n’y a pas de prison à Saint-Benoît;
  • une seule sage-femme dans la paroisse qui sait quand et comment baptiser;
  • pas de boisson vendue pendant les offices religieux;
  • il n’y a pas d’ivrogne public, ni de pécheur public notoire ni scandaleux;
  • il n’y a pas d’école protestante à Saint-Benoît;
  • enfants arriérés : 5 depuis un an.Références :.     Principales archives connues de la fabrique de la paroisse de Saint-Benoît, Mirabel 1794-1931, Gaston St-Jacques..     Mirabel et son histoire, Gilles Boileau, 2009.
  • .     Cahier d’histoire de Deux-Montagnes.
  • .     Les habits rouges et les patriotes par Élinor Kyte sénior, collection Études Québécoises, 1997.
  • .    Saint-Benoît 1799-1999, album du 200e anniversaire.