Saint-Joseph-du-Lac

Paroisse placée sous le patronage de Saint-Joseph, l’église est située en montagne et offre un saisissant point de vue de la région ainsi qu’une vue impressionnante du Mont-Royal par beau temps ainsi que des villages et villes environnantes.

Pendant une décennie, le territoire de la municipalité a fait partie de la seigneurie du lac des Deux-Montagnes. Cette seigneurie avait été accordée aux Sulpiciens, seigneurs de l’île de Montréal. L’Église de Saint-Joseph qui était en fait à ce moment-là, une chapelle construite sur l’emplacement du presbytère actuel, devait servir d’église jusqu’en 1881. Son premier curé fut l’abbé Florent Bourgeault.*

La côte St-Joseph devenue St-Joseph-du-lac

C’est en 1780-1783 que la côte (nommée depuis longtemps côte St-Joseph) et la Baie (chemin d’Oka) s’ouvrent à la colonisation. Toutefois l’histoire de la côte commence en 1733 date à laquelle il y eut une première augmentation de la Seigneurie du lac des Deux Montagnes dont les Sulpiciens sont les seigneurs depuis 1717. Cette augmentation consiste en la pointe de terre qui sépare la Seigneurie du lac de celle de la Rivière du Chêne. Il faudra cependant attendre un soixantaine d’années pour que s’établissent les premiers concessionnaires , soit un peu avant 1800 tel que mentionné plus haut.

En effet, les premiers canadiens-français arrivent plus précisément en 1782: ce sont Joseph Legault dit Deslauriers qui acquiert le premier terrain sur La Baie de même que Pascal Carrière et Joseph Turpin identifiés les deux premiers censitaires de la côte. Il faut mentionner qu’à ses débuts,le peuplement de la côte fut varié et aux paroissiens de souche française et catholique, il faut ajouter un certain nombre d’anglophones protestants Écossais et Irlandais : les McColl (4 ou 5), James et Robert Walker,William Greer,William Oswald,Robert MacGregor,Mary Ermaphan,William Stark,Robert Sutherland.

Durant plusieurs années ces habitants et ceux qui suivirent étaient partagés entre les deux paroisses voisines (pour les quelques cultivateurs du haut) et St-Eustache ( pour ceux beaucoup plus nombreux du bas de la côte). Messieurs les sulpiciens, écrit-on dans les documents anciens, ne prêtaient guère attention à ces censitaires de la côte dont ils étaient pourtant les seigneurs, se consacrant   à leur mission première à savoir l’évangélisation des indiens.

À compter de 1831 des requêtes et des contre requêtes sont rédigées tantôt favorables à l’idée de former une nouvelle paroisse autonome tantôt s’y opposant. Au nombre de ces demandes, mentionnons celle du curé Jacques Paquin de St-Eustache qui signale à l’évêque de Montréal, Mgr Lartigue en 1833 que les habitants de la côte sont suffisamment nombreux et qu’il faudra  bientôt leur donner une paroisse.

C’est toutefois suite à la requête de 1853 adressée à Mgr Ignace Bourget(nouvelle évêque de Montréal),alors qu’il y avait un peu plus de mille habitants dans la côte , que la décision fut prise de fonder une paroisse malgré le fait que tous n’étaient pas de cet avis. L’évêque signe le décret de fondation le 4 octobre 1853. Pourquoi Mgr Bourget ne nomme-t-il pas un curé au moment de l’érection canonique? Est-ce parce qu’il n’y avait ni chapelle ni presbytère ? En effet c’est seulement en 1855 que le premier curé est nommé: l’abbé Florent Bourgeault ,âgé de 27 ans. Au début de cette même année, ce dernier avait été dirigé vers le curé de St-Polycarpe pour aider au ministère paroissial. Précédemment l’abbé Bourgeault fut professeur de philosophie et de théologie au collège de l’Assomption. Après son départ de St-Joseph-du-lac en1859, il accède à différentes fonctions :d’abord curé à Laprairie et à compter de 1892 il devient chanoine de la cathédrale et ensuite vicaire capitulaire , ce qui le constituait administrateur du diocèse de Montréal dont relevait notre paroisse à cette époque (ce fut sa dernière obédience).

Dès son arrivée (le 30 septembre1855),il y chante la première messe dans une petite chapelle construite un peu avant qu’il s’installe dans ses nouvelles fonctions. Tout débute donc cette année-là ,date à laquelle s’ouvrent les registres. L’abbé demeurera à la charge de cette paroisse naissante durant trois ans seulement alors qu’il est nommé curé de Pointe-Claire.

Les travaux pour la construction d’un premier presbytère se concrétisent en 1857 sur le terrain donné par Thomas Gemme Carrière, là où de trouvent l’église et le presbytère actuels datant de 1880. À son arrivé le curé doit donc loger dans une petite maison appartenant  au généreux donateur ci-haut nommé. Le frère du curé va l’aider en mettant à sa disposition des meubles et autres articles car tout manque ou à peu près. Les deux sœurs de l’abbé Bourgeault vont venir à sa rescousse en 1856 en demeurant avec lui pour le service presbytéral . Les conditions de logement du curé de même que le nécessaire pour les offices religieux sont réduits au minimum. Le jeune curé écrira à son évêque à quelques reprises  à ce propos déclarant combien sa vie quotidienne est précaire et combien le climat de la paroisse est fragile. Heureusement que les paroisses avoisinantes  vont adresser des dons à la paroisse naissante; certaines communautés  et aussi quelques particuliers feront de même.

Les principales difficultés du curé sont attribuées à la construction du presbytère , au recouvrement de la dime et la situation financière générale des habitants.

L’humble maison qui accueille l’abbé sera sa résidence jusqu’en septembre 1857 en attendant que le presbytère soit construit. C’est à l’été de 1856 qu’un syndic est formé pour diriger la construction du dit presbytère avec ses dépendances(écurie, remise, clôture pour le cimetière).

Avant la fondation, les nouveaux nés, les futurs mariés et les défunts étaient conduits à St-Eustache et plus rarement à St-Benoit.

C’est en 1853 suite à l`érection canonique que l’on désigne la paroisse sous le vocable du Patronage de Saint-Joseph-du-lac mais en 1856 on retrouve l’appellation actuelle : St-Joseph-du-lac, date de l`érection civile.

Il y eu dès octobre 1855 l’engagement du premier bedeau en la personne de Jérémie Laflèche qui quittera en 1873 seulement alors que Olivier Lauzon le remplacera pour les quinze années suivantes. Toujours en 1855, Louis Périllard est nommé marguiller en charge.Un chantre est engagé en 1856 : Jean-Baptiste Paquin. Qu’il soit permis de mentionner que le premier paroissien à choisir la médecine fut Calixte Éthier, le premier à opter pour le notariat se nommait Ernest Desjardins et le premier prêtre né à St-Joseph-du-lac fut Urgel Demers. En 1856 toujours Noël Joannette occupe le poste de maire alors que l’inspecteur des chemins est Arsène Guitard. Les archives mentionnent qu’à la même époqueThomas Gemme Carrière fut épicier, Étienne Ladouceur était propriétaire d’un magasin général. Moyse Roy et John McCool suivirent en tant que maître de poste alors que Maxime Fortier était menuisier-ébéniste, Xavier Trottier charpentier, Olivier Aubry et Placide Marcil forgerons. Enfin les deux premiers cordonniers se nommaient André Martel et Hercule Demers (père de l’abbé Urgel Demers).

Dès 1861 , nous avions au moins deux écoles élémentaires: une vers le bas de la côte et une deuxième plus haut dans la paroisse. On peut même lire qu’il y avait au moins une école avant 1840. Quant l’école du village , elle fut construite en 1884 seulement faute d’habitants. Les quelques enfants du village qui étaient  d’âge scolaire  fréquentaient une maison privée dont un local servait d’école. En 1904, les procès-verbaux de la commission scolaire nous apprennent  l’existence de quatre écoles et que quatre institutrices y dispensaient l’enseignement.

Pendant près de quatre-vingt ans, St-Joseph-du-lac maintient à peu près le même nombre d’habitants : 1853 avec mille habitants et 1941 avec à peine plus. C’est à compter des années 1970 et de la décennie suivante qu’une croissance est signalée. Ceci va de concert avec la construction de l’autoroute 640 qui permettra plusieurs développements résidentiels. La population actuelle se chiffre autour de 7000 âmes.

Références :

. Cahiers d’histoire de Deux Montagnes,volume 3,numéro 5.

.Enquise monographique de la paroisse de St-Joseph-du-lac, Les F.E.C, Montréal 1956

. Almanach historique des Deux Montagnes, Gilles Boileau, Collection des Évémements et des Hommes,1981

.St-Joseph-du-lac,1855-2005, Album du 150 ième anniversaire

. Album-souvenir, centenaire de l’église 1880-1980

.Cahiers des délibérations de St-Joseph-du-lac, 1855-1888, Archives de la paroisse.